Se laisser conduire par l’Esprit

PREMIERE LECTURE

MERCREDI, 28ème SEMAINE DU TEMPS DE L’EGLISE – 2

 

« Voici ce que produit l’Esprit : amour,

joie, paix, patience, bonté, bienveillance,

 foi, humilité et maîtrise de soi. Face à

tout cela, il n’y a plus de loi qui tienne »

Galates 5,18-25.

« Si vous vous laissez conduire par l’Esprit, vous n’êtes pas soumis à la Loi » (Galates 5,18). Le secret de la vie chrétienne, de la vie de disciple du Christ, c’est, comme lui, de se laisser conduire par l’Esprit. Cet Esprit qu’il avait reçu à son baptême (Luc 3,22) ; qui le conduit au désert (Luc 4,1), qui le fait revenir en Galilée à Nazareth (Luc 4,14) ; qui repose sur lui (Luc 4,18) grâce à l’onction, qui le met en prière d’exultation (Luc 10,21) et qu’il remet entre les mains du Père au moment de sa mort (Luc 23,46).

La liberté dans l’Esprit consiste à faire le bien, à vouloir le bien que Dieu veut. Etre libre, c’est vouloir ce que Dieu veut. Ainsi Jésus était-il le plus libre de tous les êtres humains car sa nourriture était de faire la volonté de son Père (cf. Jean 4,34). Nous avons été créés libres pour nous donner à l’amour, rappelait Saint Jean-Paul II.

Nous sommes loin de l’image de la liberté présentée dans le monde, qui consiste à faire ce qui nous plaît quand ça nous plait, où ça nous plait. Cette liberté-là conduit à l’inverse :  « débauche, impureté, obscénité, idolâtrie, sorcellerie, haines, querelles, jalousie, colère, envie, divisions, sectarisme, rivalités, beuveries, gloutonnerie et autres choses du même genre » (Galates 5,19).

Tel est donc le paradoxe chrétien. Il ne s’agit plus de se conduire soi-même selon ses instincts et pulsions, passions et tendances égoïstes, mais de se laisser conduire par l’Esprit de Dieu ! Alors vraiment, nous ne sommes plus sous la Loi, mais sous l’Esprit ! Comme Jésus, comme Marie, comme l’ont appris peu à peu les saints. Et parfois dans la souffrance, car, Jésus a lui-même appris l’obéissance à l’Esprit par la souffrance (cf. Hébreux 5,8).

En même temps, ces versets nous donnent la clé du discernement : quand suis-je mû par l’Esprit Saint ? Eh bien c’est quand je suis en paix avec moi-meme, les autres, la nature et Dieu aussi.

Quand suis-je mû par l’autre esprit, l’esprit menteur, le père du mensonge, celui qui fait passer pour bien ce qui est mal, et pour vie ce qui est mortel : bref, la division au sein de soi-meme, avec les autres, la nature et Dieu également.

Là où est l’Esprit de Dieu, là est la paix !

Nous te bénissons, Seigneur Jésus, toi qui nous as libérés de l’esclavage de la loi pour nous soumettre à la liberté de l’Esprit que tu nous as promis, ton Esprit, l’Esprit de communion entre toi et ton Père, l’Esprit d’unité, de sainteté… Garde-nous toujours sous la mouvance de cet Esprit. Si je suis en paix, garde-moi en son sein. Si je n’y suis pas, mets y moi.