Le Seigneur est ma lumière… il me fera sortir dans la lumière et je contemplerai sa justice

PREMIERE LECTURE

SAMEDI, 2ÈME SEMAINE DE CARÊME

« Seigneur, avec ta houlette, sois le pasteur de ton peuple, du troupeau qui t’appartient, qui demeure isolé dans le maquis, entouré de vergers. Qu’il retrouve son pâturage à Bashane et Galaad, comme aux jours d’autrefois. Comme aux jours où tu sortis d’Égypte, tu lui feras voir des merveilles »
Michée 7,14-15.18-20.

Le prophète Michée a vécu au 8ème siècle, en même temps que le prophète Isaïe. Mais ses oracles, mis par écrit, ont été constamment réécrits et actualisés en fonction des circonstance historiques de siècles suivants. Le même phénomène de relecture et d’actualisation a touché pratiquement tous les écrits prophétiques, historiques, législatifs et sapientiels de la Bible.

Le chapitre 7, qui est le dernier, reprend les deux des thèmes fondamentaux du livre. La première partie, 7,1-6 – SI VOUS AVEZ LE COURAGE DE LA LIRE, VOUS N’ALLEZ PAS LE REGRETTER – est une lamentation du peuple en situation de détresse et d’exil. Dans la misère, les relations familiales ne sont pas plus faciles ! Les versets 5 et 6 me rappellent qu’en ce temps de COVID et de confinement, la vie familiale a été éprouvante, avec bien des violences…

La deuxième partie (qui commence au verset 7) est à la fois un cri d’espérance et une promesse : « Moi, Jérusalem, je veux guetter le Seigneur, attendre Dieu mon Sauveur » (7,7). L’image du bon pasteur surgit alors : « Seigneur sous ta houlette, sois le pasteur de ton peuple » (7,14)

Alors il viendra célébrer la bonté su Seigneur, sa miséricorde, sa compassion, le salut qu’il offre à son peuple repenti. Voilà ce que nous méditons aujourd’hui, ces belles pages de Michée : « Le Seigneur est ma lumière… il me fera sortir dans la lumière et je contemplerai sa justice » (7,8-9). Il est le « Pasteur de son peuple, du troupeau qui lui appartient » (cf. 7,14). Il fera voir ses merveilles comme il avait fait en Égypte (cf. 7,14). Il aura raison du mal, personnifié ici par les nations païennes (cf. 7,16-18). Car « Ainsi tu accordes à Jacob ta fidélité, comme tu l’as juré à nos pères, depuis les jours d’autrefois » (7,20).

Voilà le Dieu que Michée célèbre, qu’il loue, dont il attend le salut, auquel il promet que son peuple va revenir, afin de trouver en lui la paix et le bonheur véritable : ce Dieu lumière juste, puissant, fidèle ! Nous avons déjà, ici, tout ce que Jésus viendra confirmer, imprimer par sa vie et sa mort sur la croix.

Telle est la prière qui plait à Dieu : elle me place en vérité devant ce Dieu que nous n’égalerons jamais, mais qui trouve sa joie à nous sortir de notre petitesse et de notre péché, des illusions de bonheur sur lesquels nous ne faisons que nous déchirer, pour nous placer dans la béatitude véritable, celle de la louange et de l’adoration, de la justice et de la paix, du rejet de toutes les idoles, passées ou présentes.

Voulez-vous vous faire plaisir et faire plaisir à Dieu en ce temps de carême ? Prenez votre Bible, cherchez Michée, et lisez-le tranquillement, en entier, une bonne fois, sans oublier l’introduction que vous offre nos bibles. Ça fait huit pages ! Cela ne vous prendra pas plus d’une demi-heure. Vous ne comprendrez pas tout, ce n’est pas grave. Saisissez simplement la souffrance du prophète, la souffrance de Dieu, les épreuves d’un peuple infidèle et l’espérance finale. Laissez-vous porter par la prière finale du chapitre 7. Elle vaut pour aujourd’hui ! Vous aurez compris ce qu’est un prophète, mais surtout, quel est le plan de Dieu pour nous et pour l’humanité.

Seigneur Jésus, tu me sondes et me connais. Je remets entre tes mains mes désirs et mes penchants mauvais. Chaque jour je fais l’expérience que sans toi je ne peux rien faire. Fais-moi haïr le mal, chercher le bien, semer la justice, avec ta grâce, par l’intercession de ta sainte Mère et de tous les saints.